Enfouis dans des galeries dans les déserts de l’Est africain, les sociétés de rats-taupes nus ne comportent qu’une seule femelle reproductrice (la « reine ») entourée d’un à trois mâles reproducteurs.
Leur enclos du zoo reproduit une de ces galeries et on peut y voir les tunnels ainsi que les différentes chambres ayant chacune une fonction : latrine, stock de nourriture, nurserie...
Les individus non reproducteurs de la colonie sont chargés de la construction du nid et/ou de l’élevage des jeunes. Il s’agit du seul mammifère à présenter ce type d’organisation dite eusociale, c’est-à-dire en castes bien spécifiques avec des rôles bien définis, habituellement trouvée chez les abeilles, les fourmis et les termites.
Les rats-taupes nus présentent de nombreuses singularités biologiques. Parmi elles, leur longévité étonnamment élevée en comparaison avec les autres rongeurs : un rat-taupe nu mâle peut vivre jusqu’à 28 ans avec même un record de 32 ans !
De plus, grâce à leur métabolisme lent et très particulier, les rats-taupes nus peuvent se passer d'oxygène jusqu'à 18 minutes et ne montrent pas de signes de vieillesses ni de cancers, ce qui intéresse bien sûr la recherche scientifique. En effet, les rats-taupes nus présenteraient des particularités génétiques et moléculaires bloquant le développement de certains cancers.
Enfin, autre particularité exceptionnelle : ils peuvent se passer entièrement de boire de l'eau liquide, se contentant de l'eau contenue dans leur nourriture. Bien pratique lorsque l'on vit comme eux dans des milieux arides.
Nom
Rat-taupe nu (Heterocephalus glaber)
Famille
Bathyergidés
Origine
Corne orientale de l'Afrique
Habitat
Creuse des galeries dans les milieux arides aux sols durs
Taille
16 cm
Poids
35 g
Longévité
28 ans en parc zoologique - Inconnu dans la nature
IUCN
Non menacé
Alimentation
Creusant les galeries avec leurs dents, environ un quart de leur musculature est dédié à la mâchoire. Leurs longues incisives dépassent de la bouche même fermée, ce qui permet aux rats-taupes nus de creuser avec sans avaler de terre.
Ainsi, ils aménagent des galeries et chambres comme abris, mais aussi atteignent les racines tubéreuses et se nourrissent des bulbes. Ils en prélèvent des parties mais sans jamais couper totalement la racine afin de laisser la plante survivre. Ainsi les rats-taupes nus pourront revenir s’y nourrir plus tard.
Ils amènent ensuite de la nourriture jusqu’au nid et la stockent dans une chambre dédiée. Les ouvriers et ouvrières pourront alors amener des morceaux jusqu’à la reine afin de l’alimenter.
Comme beaucoup d’herbivores, les rats-taupes nus pratiquent aussi la caecotrophie, c’est-à-dire qu’ils peuvent manger leurs excréments afin de digérer une seconde fois les aliments non digérés.
Reproduction
Une seule femelle, nommée reine, se reproduit avec 1 à 3 mâles reproducteurs, qu’elle garde à proximité dans sa chambre dédiée.
Bien qu’on la nomme « reine », elle ne commande pas à la colonie de rats-taupes nus, toute comme les « reines » des abeilles, fourmis et autres insectes eusociaux : la reine est la mère, la femelle reproductrice, d’une taille plus importante que les autres individus. Une colonie sauvage peut compter 75 à 80 individus en moyenne, avec des maximums déjà observés à 290 individus dans des endroits propices et non perturbés.
La reine bloque le développement hormonal des autres femelles en les agressant régulièrement. De même, les jeunes sont bousculés par les adultes régulièrement durant leurs premières semaines de vie.
Toutefois, des études tendent à montrer que les rats-taupes nus sont insensibles à la douleur, grâce à l’absence chez eux d’un neurotransmetteur de la douleur. Ceci est certainement une adaptation permettant de résister aux acidoses des tissus provoquées par la forte concentration en CO2 dans les galeries, ainsi qu’à leur mode de vie particulier.
Préservation de l’espèce
Bien que très discrets et mal connus, ils ne semblent pas menacés dans la nature et s’adaptent aux zones exploitées par l’agriculture extensive. Comme ils se nourrissent parfois de manioc et de patate douce, si les culture de ces plantes s’étendent dans leur aire de répartition, ils pourraient être considérés par les humains comme ravageurs.
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