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Cinq ibis nés à Mulhouse réintroduits en Andalousie

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Un retour de l’espèce dans son milieu naturel

Lundi 3 février, cinq jeunes ibis chauves (Geronticus eremita) nés à Mulhouse ont quitté l’Alsace pour un voyage vers l’Andalousie. Ce n’est pas un voyage de vacances mais un programme de réintroduction qui concerne en tout une soixantaine d’ibis qui, dans le cadre du plan d’action international de réintroduction baptisé Proyecto eremita, vise à faire revenir cette espèce dans un milieu sauvage où elle avait disparu.

Une action rare mais efficace

Les réintroduction sont rares car difficiles à mettre en œuvre et les causes de disparition de l’espèce doivent avoir été enrayées au préalable. Néanmoins, le programme Proyecto eremita a prouvé son efficacité et a permis que l’espèce passe du statut de « en danger citique d’extinction » (de 1994 à 2017) à celui de « en danger » depuis 2018.

Les menaces sur l’espèce (braconnage, destruction du milieu par des constructions illégales) ayant diminué dans cette partie du monde, des relâchers ont pu être entrepris : en 2014, cinq jeunes ibis mulhousiens étaient déjà allées à Jerez, en Andalousie, et cette année, 5 autres les rejoignent. Une belle réussite pour la conservation dite ex situ et pour le travail de reproduction et d’élevage d’espèces en danger au zoo de Mulhouse !

La réintroduction, un travail minutieux

Réintroduire une espèce ne consiste pas à simplement ouvrir une cage ! C’est le fruit d’études minutieuses et d’un long savoir faire. En effet, il faut tout d’abord s’assurer que l’espèce existait bien historiquement sur le lieu choisi : relâcher un animal dans un milieu qui n’est pas le lien risque de perturber l’équilibre fragile qui existe entre les espèces sauvages. Des exemples d’espèces ainsi introduite par mégarde, appelées espèces exogènes, peut vite devenir invasive comme ce fut le cas par exemple pour la tortue de Floride, qui menace désormais la cistude d’Europe et bien d’autres espèces dans de nombreuses régions.

Une fois que l’existence historique de l’espèce est avérée, il faut déterminer pourquoi l’espèce a disparu. Si la cause est humaine (braconnage, destruction du milieu pour diverses raisons), il faut faire en sorte que les conditions soient à nouveau réunies pour que l’espèce puisse y survivre. Le travail des ONG sur le terrain est alors primordial, et le zoo de Mulhouse soutien de nombreux programmes visant à cela, que l’on nomme conservation in situ, c’est-à-dire dans le milieu naturel.

Choisir les bons individus

Ensuite il faut choisir les bons individus à relâcher. Par question en effet de relâcher un animal qui, à force d’être en contact avec des humains, recherche leur présence, sans quoi il se mettrait régulièrement en danger une fois relâché ! Pas question non plus de laisser se débrouiller seul, du jour au lendemain, un animal habitué à être nourri à la nourriture préparée, très nourrissante mais que l’on ne trouve jamais sous cette forme dans la nature. Pour les animaux sociaux, il faut aussi que les individus connaissent les « codes » sociaux de leur espèce. C’est pourquoi l’élevage des jeunes à Mulhouse se fait autant que possible par les parents afin de les socialiser, mais quand cela n’est pas possible pour diverses raisons, l’élevage se fait de manière à minimiser ce qu’on appelle l’imprégnation des jeunes : dans la Maison de l’éclosion, ils étaient élevés en groupe, de manière à aider leur socialisation.

Un protocole stricte

Enfin, un protocole stricte, de manière à minimiser le stress pour les animaux lâchers et favoriser leur installation à l’endroit choisi, est appliqué. Celui-ci est variable selon l’espèce concernée. S’en suit une étude sur le moyen ou long terme afin de suivre l’évolution de la population nouvellement implantée : survivent-il correctement ? Trouvent-ils de quoi se nourrir ? Se reproduisent-ils ? Sont-ils acceptés par les humains vivant juste à côté ? Si ce n’est pas le cas, le protocole doit être revu pour les prochaines fois !

Et les résultats sont là !

Proyecto eremita est un programme né en 2008, et fort de ses 12 années d’expérience, les résultats sont bien là : ce sont désormais 25 couples d’ibis chauves qui peuplent la zone (60 individus en comptant les jeunes), qui se reproduisent et même se déplacent pour coloniser d’autres régions qui leur sont favorables ! Les ibis de Mulhouse nés l’an dernier, après un passage en volière d’acclimatation, seront relâchés fin mars !

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