Mulhouse Sud Alsace

Les actions de protection

Des animaux si rares, si précieux

Les singes sud-américains

Illustration n°1 :

Un des 25 primates les plus menacés du monde

Longtemps considéré comme une sous-espèce du capucin commun (Cebus apella), le capucin à poitrine jaune (Cebus xanthosternos) est aujourd’hui une espèce à part entière. Certaines caractéristiques morphologiques et chromosomiques le différencient de ses congénères. Ce singe de taille moyenne et à queue préhensile exploite tous les niveaux des arbres de la forêt, à la recherche de fruits, de graines, d’œufs et d’insectes.

Il vit en petits groupes familiaux très actifs, et montre une grande diversité de comportements et de vocalisations. Il se distingue pour ses capacités étonnantes de manipulation d’objets et d’outils qu’il adapte à de nombreuses situations.

La forêt Atlantique brésilienne

La forêt Atlantique du Brésil, la Mata Atlântica est, contrairement à la forêt amazonienne, une forêt de montagne. Enracinée dans un sol cristallin peu fertile sur un relief très escarpé, elle est assez sèche entre 300 et 800 mètres d’altitude et devient plus humide jusqu’à 1500 mètres : c’est le domaine des fougères arborescentes et d’arbres de 20 à 30 m de haut qui portent de nombreuses plantes épiphytes.

La biodiversité de la forêt Atlantique est exceptionnelle et extrêmement menacée. De nombreuses espèces animales y sont exclusives (endémiques) : c’est le cas d’oiseaux comme l’amazone vineuse ou de primates comme l’ouistiti de Geoffroy, les tamarins lions et le capucin à poitrine jaune. Toutes ces espèces ont des effectifs très réduits à cause de la destruction rapide de leur milieu de vie.

Alors qu’en 1500, la forêt Atlantique était un massif boisé continu d’un million de km2, elle ne subsiste actuellement que sous la forme d’îlots forestiers couvrant à peine 20000 km2 ; l’exploitation forestière intensive (bois précieux, cœurs de palmier), l’urbanisation désordonnée, l’agriculture irrationnelle (élevage extensif dès le 17ème siècle) l’ont presque entièrement déboisée : c’est l’écosystème brésilien le plus dévasté !

Il ne resterait que 300 ou 400 individus au plus dans la nature

L’effectif total naturel des capucins à poitrine jaune n’a cessé de diminuer à cause de la déforestation qui a débuté avec l’arrivée des Européens au Brésil au 16ème siècle, et s’est accrue de façon alarmante durant les trente dernières années. Aujourd’hui les dernières populations de ce singe sont encore chassées et isolées les unes des autres par la fragmentation de leur habitat forestier.

Avec l’aide de l’Homme

Au début des années 80, le Centre de Primatologie de Rio de Janeiro (CPRJ) débute un élevage à partir de quelques capucins gardés captifs dans les villages. En 1986, le Zoo de Mulhouse propose au CPRJ d’étendre cet élevage aux zoos européens : 4 capucins, mis en dépôt par le gouvernement brésilien, arrivent à Mulhouse en 1990. Par la suite, l’importation supplémentaire de 17 animaux permet à d’autres zoos européens de rejoindre ce programme qui devient un EEP –Plan Européen d’Elevage) en 2000. En 2008, on comptait 160 individus hébergés dans 23 zoos participants.

Une douzaine de parcs zoologiques situés en France, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni se sont engagés à aider les actions de conservation sur place au Brésil, en participant au financement d’actions de protection de populations sauvages, d’activités de recherche, de programmes d’éducation ou de stages de formation pour des brésiliens.

En 2001, une étude sur le terrain a permis de définir plus précisément les effectifs et la répartition géographique de l’espèce. En Depuis 2003, un suivi par télémétrie d’un groupe sauvage de capucins a permis l’obtention de précieuses données sur son comportement.