Parc zoologique et botanique de Mulhouse

L'histoire du Zoo de Mulhouse

Un des plus anciens zoos de France

Le Zoo de Mulhouse est l’un des plus anciens zoos de France. Né en 1868, le Parc zoologique et botanique de Mulhouse a fêté en 2008 ses 140 ans. C'est à l'horticulteur GEIGER Père que furent confiés l'agencement des espaces (mouvements de terre, chemins, clôtures) et la réalisation des plantations. Entre 1873 et 1882, création d'un jardin botanique. Dès 1885, les essences d'arbres et d'arbustes sont étiquetés. En plus d’un siècle, il a grandi, évolué, connu des abandons et des réussites… Retour sur l’histoire de ce lieu exceptionnel.

L'anicenne entrée du 'Petit parc du peuple'

 

1868 : Ouverture du "jardin du peuple"

Le Jardin zoologique naît en septembre 1868, à l’initiative d’un groupe d’industriels philanthropes mulhousiens. Le jour de l’inauguration, 6000 personnes viennent, malgré la chaleur, découvrir le parc et profiter des animations du jour: fanfare, chorale, retraite aux flambeaux et feux d’artifice.

Le zoo se veut alors un “parc du peuple”, selon les mots de Charles Thierry-Mieg fils, à l’origine du projet : un lieu où les ouvriers peuvent “joindre l’utile à l’agréable, l’instruction au délassement, le développement de l’intelligence à la santé du corps”.

Pour 10 centimes, les visiteurs peuvent se promener, admirer des animaux, écouter des concerts, faire de la gymnastique, dans un cadre agréable.

Les installations du jardin à peine achevées, la guerre de 1870 éclate. Les animaux sont vendus et le parc ferme. Entre 1875 et 1893, le zoo changera de mains à deux reprises : d’abord géré par un organisme philanthropique, le Cercle mulhousien, il passe ensuite aux mains de la Société industrielle de Mulhouse (SIM), qui l’agrandit pour créer le parc botanique.

La première affiche du Parc zoologique et botanique

 

1893 : La Ville reprend le zoo

En 1893, le jardin zoologique, très fréquenté, nécessite une gestion spécifique et des investissements que la SIM ne peut engager. La Ville de Mulhouse le prend alors en charge, en échange de l’École de chimie, cédée à la SIM. Le zoo s’agrandit – il s’étend sur 12 hectares – et connaît de nombreuses améliorations. Avec les moyens de la Ville, la “fosse” peut être construite pour accueillir Bulli et Liseli, les deux ours donnés par la princesse de Hohenlohe, épouse du "Statthalter" (gouverneur) d’Alsace-Lorraine. En 1896, l’électricité remplace le gaz et le téléphone est installé ; en 1901, un kiosque accueille les concerts; l’année suivante, l’ouverture du restaurant et l’aménagement du plan d’eau pour les otaries dynamisent le parc.

Janvier 1904 : construction du bassin romantique et plantations des arbres remarquables encore présents : Thuya géant, Cryptoméria du Japon, Epicéa bicolore, Corylus colurna.

En 1908, l’inauguration de la ligne de tramway électrique (sans rail), qui relie la place de la République à la nouvelle entrée du zoo, crée l’événement, à plus d’un titre. Le voyage inaugural manque de tourner au drame. Dans la dernière descente, les freins lâchent et entraînent les wagons à pleine vitesse. Par chance, l’incident ne fera pas de blessés… Mais les élus et notables présents à l’intérieur se souviendront longtemps de ce voyage !

L'ancien enclos des otaries

 

La période des deux guerres

À la veille de la Première Guerre mondiale, le jardin zoologique de Mulhouse fait partie des zoos les mieux cotés en France et à l’étranger. Mais le conflit va entraîner une nouvelle fermeture. Les animaux sont dispersés, certains périssent…

En 1939, les militaires installent une batterie d’artillerie dans le zoo. En 1944, le site devient une base de ravitaillement de l’Armée française. À la fin du conflit, le zoo est sinistré.

Quelque 600 arbres ont été abattus et il n’existe plus aucun chemin. Les travaux de rénovation dureront jusqu’en 1948. Parmi les travailleurs se trouvent des prisonniers de guerre à qui l’on doit notamment les enclos ainsi que les bâtiments typiques en rondins des addax et des cerfs. En 1950, le zoo reprend sa place parmi les plus beaux de France. En 1952, la zone d'exposition des dahlias est créée (plantation de l'érable palmé pourpre). En 1956-57, l'aménagement de la rocaille alpine est effectuée sur les conseils de Henri CORREVON, botaniste de Genève. On plante également le Picea nidiformis encore présent.

Le zoo entre deux guerres

 

1965 : la "petite école du zoo"

À partir de 1965, le zoo prend une vraie dimension pédagogique. Cette année-là démarre la “petite école du zoo”, une animation assurée par des enseignants bénévoles le jeudi (alors la journée libre pour les écoliers), puis plus tard, le mercredi. Ces actions marquent la naissance du service pédagogique, qui accueille aujourd’hui 14 000 enfants par an.

À partir de 1966, des panneaux installés devant les enclos informent les visiteurs des principales caractéristiques de l’animal présenté. En 1977, le parcours botanique voit le jour.

Parallèlement, le zoo se veut plus attractif. Pour son centième anniversaire, en 1968, il se dote d’une singerie novatrice pour l’époque. Petits et grands viennent y admirer les singes se balancer de liane en liane ou escalader un rocher… À cette période, l’association « Les amis du zoo » joue un rôle important en apportant son aide financière. En une vingtaine d’années, elle va injecter plus de 2 millions de francs dans plusieurs opérations: enclos des lamas, guépards, guibs d’eau, volière, félins, tortues cistudes…

Les débuts de la pédagogie au zoo

 

1980 : préserver les espèces menacées - Mulhouse, un zoo de référence en France... et dans le monde !

1980 marque un tournant: le zoo devient un centre de recherche, de préservation et d’élevage des espèces menacées. L’ouverture du bâtiment des lémuriens est la première action concrète dans cette voie. Le zoo de Mulhouse se voit confier la coordination de programmes de préservation mondiaux et accueille des animaux menacés.

Progressivement, le zoo de Mulhouse devient une référence. En 1982 est organisée la première exposition de plantes à bulbes : 38 000 bulbes de tulipes, jacinthes et narcisses sont plantés à l'automne, et en 1983 est créée la zone d'exposition des iris (450 variétés léguées à la ville par WOHLGROTH), et de nombreuses vivaces sont introduites.  En 1990, il est le seul à présenter des capucins à poitrine jaune, en dehors du Brésil. Suivront les primates rares d’Amérique du Sud, les panthères de l’Amour, les tigres de Sibérie, les zèbres de Grévy, les lions d’Asie…

Parallèlement, un effort particulier est porté aux conditions de vie des animaux. En 1989, les enclos paysagers “nouvelle génération” qui accueillent les félins sont un exemple en Europe. Fini le béton: l’espace est aménagé en fonction de l’habitat naturel des animaux. La préservation concerne aussi la botanique avec l'action du Conservatoire Botanique intégré au SEVE (Service des Espaces Verts). En 1987, la rocaille jurassienne présente la flore menacée du Jura et du Sundgau en Alsace. Elle est suivie par la création, en 1991, de la rocaille sous-vosgienne, qui expose de nombreuses espèces menacées de disparition, ainsi que de l'aménagement de la zone qui accueille les plantes du rieds alsaciens et de la mise en place d'une collection de géraniums vivaces à droite de la place de jeux.

Les partenariats avec Madagascar, d'où sont originaires les lémuriens, datent des années 80

Les aménagements se poursuivent en 1996-1997 pour le jardin des pivoines et des hémérocalles, en 2000-2001 pour le jardin de tous les sens. 1996-1997 : création de l'allée des hydrangéas, 1999-200 : création du jardin des graminée, 2004-2005 : création de la collection des rhododendrons (plantation de plus de 450 variétés de rhododendrons, 33 variétés d'érables, 12 variétés de cornouillers... et d'autres plantes de terre de bruyère).

La botanique du Parc s'étoffe

 

De nos jours : un parc esthétique et scientifique

Aujourd’hui, le Parc zoologique et botanique de Mulhouse compte 1 200 animaux dans un jardin qui abrite plus de 3 000 plantes.

Le Ministère de la Culture et de la Communication a attribué au Parc zoologique et botanique le label Jardin remarquable.

Sur les quelques 170 espèces animales présentées par le Parc Zoologique et Botanique, 90 sont menacées de disparition dans la nature. Le Parc participe ainsi à près de 100 programmes internationaux de reproduction et de conservation.Depuis près de 30 ans le parc agit dans la nature pour protéger les dernières populations de lémuriens, gibbons, cercopithèques, tortues ou capucins. Pionnier depuis 1982 et expert dans la reproduction d’espèces menacées, le parc présente ses pensionnaires comme autant d’ambassadeurs de leur cousins sauvages afin de sensibiliser à la protection de la biodiversité ses nombreux visiteurs.

Le zoo participe à un programme de réintroduction de la cistude d'Europe Les programmes de protection des lémuriens à Madagascar

Parallèlement, plus de 200 espèces végétales du conservatoire botanique d'Alsace, en voie de disparition sont présentées au Parc; elles font l'objet  de programme de sauvegarde et de collaborations scientifiques approfondies.

Esthétique et ludique, le parc est aussi instructif et plein de surprises: floraisons, naissances… Avec plus de 370 000 visiteurs en 2011, le parc est le premier site touristique du Haut- Rhin et le 3ème d'Alsace... et peut-être un des parcs les plus prestigieux de France !

L'ecnlos des wallabies et des kangourous, réalisé en 2012

 

Les dernières nouveautés, années après année

2008 : réaménagement de l'étang des canards, avec une passerelle qui le traverse. Réalisation du "zoo pour enfant" : espace de contact avec les chèvres et animaux de la basse-cour.

2009 : Réalisation de l'enclos des cistudes d'Europe

2010 : Réalisation de la Maison des tortues et de l'enclos des suricates

2011 : La Maison de l'éclosion, le vivarium des serpents et des geckos, l'enclos des chiens de forêt.

2012 : L'enclos des wallabies, des kangourous et des oiseaux australiens, le vivarium des crocodiles.

2013 : Les enclos des loups à crinière, des cerfs de Bactriane, des renards polaires et des boeufs musqués.

2014 : L'enclos des ours polaires finalise l'Espace Grand Nord.

L'ecnlos des ours polaires, réalisé en 2014